Hachishakusama, la femme de huit pieds
Dans la campagne japonaise, une femme immense au chapeau blanc fait « po po po ». Si elle t'a vu, tu ne passeras pas la nuit.
- Lieu
- Japon
- Date
- 2008
- Origine
- Un récit anonyme sur le forum 2channel
- Statut
- Légende
Une femme immense, au chapeau et à la robe blanche, rôde dans la campagne japonaise. On l'entend avant de la voir : « po po po ». Elle s'en prend surtout aux enfants, et ceux qu'elle a remarqués ne passent pas la nuit. Une légende née sur un forum en 2008, devenue l'un des monstres les plus célèbres du Japon moderne.
Les vacances chez les grands-parents
Le récit apparaît sur 2channel, un immense forum anonyme japonais, dans un fil consacré aux histoires « trop effrayantes pour en rire ». Le narrateur raconte un souvenir d'adolescence. Pendant les vacances, il allait chez ses grands-parents, dans un village isolé.
Un jour, près de la maison, il entend un bruit étrange, une voix grave, presque mécanique : « po po po ». Puis il la voit. Une femme en robe blanche, coiffée d'un chapeau. Elle est immense, beaucoup plus grande que n'importe quel être humain.
Une femme beaucoup trop grande, qui fait « po po po ».
Il en parle à son grand-père, qui s'inquiète aussitôt. Elle s'appelle Hachishakusama, « madame huit pieds », parce qu'elle mesure près de deux mètres quarante. Elle s'en prend aux enfants, et ceux qu'elle maudit ne passent pas la nuit.
Ne pas ouvrir la porte
Le grand-père enferme le garçon dans une pièce du haut. Il y a des talismans de papier sur les murs et des petits tas de sel dans les coins. Une seule règle : ne sortir sous aucun prétexte avant le matin, quoi qu'il entende.
Pendant la nuit, on frappe à la fenêtre. Puis une voix l'appelle de l'autre côté de la porte. C'est la voix de son grand-père, qui lui dit qu'il peut sortir, que c'est fini.
La voix de son grand-père lui dit d'ouvrir. Ce n'est pas son grand-père.
Il n'ouvre pas. Il attend, sans dormir, jusqu'au matin. Les talismans l'ont protégé. Son grand-père lui annonce qu'Hachishakusama a été scellée, mais lui fait promettre de ne jamais revenir : elle pourrait encore le chercher.
Les statues qui la retiennent
Selon le récit, elle ne peut pas quitter la région : des statues de Jizō, placées aux limites du village, la retiennent prisonnière. Jizō est, au Japon, le protecteur des enfants et des voyageurs. On croise ses petites statues de pierre au bord des routes et dans les cimetières.
Des statues de Jizō, le protecteur des enfants. Dans la légende, ce sont elles qui empêchent Hachishakusama de sortir de son territoire.
Photo Don Ramey Logan, 2024 · Wikimedia Commons · CC BY 4.0À la fin du récit, le narrateur apprend que son grand-père est mort. Et, selon la rumeur, que le sceau qui la retenait a été brisé.
Les chercheurs la rapprochent de la Yama-onna, la femme de la montagne des vieux contes, une géante qui sourit à ceux qu'elle croise avant qu'ils ne tombent malades et meurent. Hachishakusama mêle cette peur ancienne des campagnes isolées à une forme très moderne : celle d'un récit anonyme posté sur Internet.
Pour aller plus loin
Sources et crédits des images
- CC BY 4.0Jizo statues, Kiyomizu-dera, Kyoto. Photo Don Ramey Logan, 2024. Wikimedia Commons. Image réduite.Source
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