Légende urbaine

Bloody Mary

Dites son nom trois fois devant un miroir, dans le noir. Elle répondra.

2 min de lecture
Lieu
Monde anglophone
Date
XXe siècle
Origine
Tradition orale
Statut
Légende
En bref

Dans le noir, devant un miroir, on prononce son nom plusieurs fois. Et elle apparaît, couverte de sang. Bloody Mary est la légende qui se teste, celle qu'on ose lors des soirées pyjama. Son rituel est bien plus ancien que son nom.

Une soirée pyjama

Un nom, un miroir, le noir

On éteint la lumière. On se place face au miroir de la salle de bains, parfois une bougie à la main. Et on prononce son nom. Trois fois, le plus souvent. Jusqu'à quarante-sept fois, disent certains.

Bloody Mary. Bloody Mary. Bloody Mary.

Selon les versions, une femme apparaît dans le reflet. Un cadavre, une sorcière, un fantôme couvert de sang. Elle peut hurler, maudire celui qui l'a appelée, l'étrangler, lui arracher les yeux, ou l'emporter avec elle de l'autre côté du miroir.

C'est une légende qui ne se raconte pas seulement : elle se teste, presque toujours en groupe. Personne ne veut être celui qui se dégonfle. Et dans le noir, devant un miroir, les yeux finissent toujours par voir quelque chose.

Avant le XXe siècle

Le miroir servait à voir son futur mari

Le rituel ressemble à une ancienne divination. Une jeune femme montait un escalier à reculons, dans une maison plongée dans le noir, une bougie et un miroir à la main. Dans le reflet, elle espérait apercevoir le visage de l'homme qu'elle épouserait.

Il y avait un risque. Au lieu d'un visage, elle pouvait voir apparaître un crâne, ou la Mort elle-même. Le signe qu'elle mourrait avant de se marier.

Au lieu du visage de son futur mari, un crâne.

La version moderne, avec Bloody Mary, prend forme à partir de la fin des années 1960. En 1978, la folkloriste Janet Langlois lui consacre l'une des premières études, sous un titre qui sonne comme une formule d'appel : « Mary Whales, I Believe in You ».

Le mystère

Personne ne sait vraiment. Plusieurs femmes ont été proposées.

La reine Marie Ire d'Angleterre

Peu crédible

+Ses opposants la surnommaient déjà « Bloody Mary ».

−Rien ne la relie au rituel du miroir.

Mary Worth, une sorcière

Aucune preuve

+Ce nom revient souvent dans les versions américaines.

−Les récits sur elle se contredisent, aucun n'est sourcé.

Personne, une simple invention

Probable

+Le rituel vient d'anciens jeux de divination, bien avant le nom.

−Chaque version invente sa propre Mary.

Sources
  1. Janet Langlois, « Mary Whales, I Believe in You », Indiana Folklore, 1978
  2. Bloody Mary (folklore), Wikipedia
Au cinéma

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