Folklore

Baba Yaga, la sorcière de la forêt

Au fond de la forêt, une cabane tourne sur des pattes de poule. Dedans, une vieille sorcière attend les enfants perdus.

3 min de lecture
Lieu
Russie et pays slaves
Date
Tradition ancienne
Origine
Contes populaires slaves
Statut
Tradition
En bref

Dans les contes russes et slaves, Baba Yaga est la vieille sorcière qui vit au fond de la forêt, dans une cabane montée sur des pattes de poule. Elle vole dans un mortier, enlève les enfants pour les faire rôtir, et pourtant elle aide parfois les héros. C'est la figure surnaturelle la plus fréquente de tous les contes slaves.

Au fond de la forêt

Une cabane sur des pattes de poule

Le héros marche longtemps, jusqu'à la lisière d'une forêt sombre, là où il n'y a plus de route. Il y trouve une petite isba, une cabane de bois, montée sur des pattes de poule. Elle tourne sur elle-même. Pour entrer, il faut connaître la formule.

Petite isba, petite isba ! Tourne le dos à la forêt, le devant de mon côté.Conte L'Eau de jeunesse et la Fille-Roi, recueilli par Alexandre Afanassiev

Dans le conte Vassilissa-la-très-belle, la cabane est entourée d'une palissade faite d'os humains. Des crânes y sont accrochés. La nuit, leurs orbites s'allument et éclairent la forêt comme des lanternes.

Une palissade d'os humains, et des crânes qui éclairent la nuit.

Pièce du dossier

Baba Yaga devant sa cabane, dans la forêt enneigée, face à des femmes-oiseaux. Ivan Bilibine, 1902.

Ivan Bilibine, 1902 · Wikimedia Commons · Domaine public
Dans les contes

La vieille qui mange les enfants

Dedans vit Baba Yaga. Toujours vieille, parfois si grande qu'elle occupe la cabane d'un coin à l'autre, le nez planté dans le plafond. Elle a une jambe d'os. Elle se déplace dans un mortier, en ramant avec son pilon, et efface ses traces derrière elle avec un balai.

Pièce du dossier

Baba Yaga dans son mortier, illustration pour le conte Vassilissa-la-très-belle. Ivan Bilibine, 1900.

Ivan Bilibine, 1900 · Wikimedia Commons · Domaine public

Elle surgit brusquement, enlève un petit garçon et l'emporte chez elle pour le faire rôtir dans son four. Le four est le cœur de sa maison. Mais la menace ne se réalise jamais tout à fait : l'enfant trouve toujours le moyen de s'échapper.

Le four est le cœur de sa maison.

Depuis le XIXe siècle

Celle qui dévore et celle qui aide

Pourtant, Baba Yaga n'est pas qu'une ogresse. Souvent, le héros qui arrive chez elle doit répondre à ses questions ou réussir ses épreuves. S'il prouve sa valeur, elle l'aide, et lui donne un objet magique ou un conseil pour continuer sa route. Dans Vassilissa-la-très-belle, elle offre à l'héroïne un crâne qui la débarrassera de ses ennemies.

Au XIXe siècle, le folkloriste Alexandre Afanassiev recueille des centaines de contes russes, dont beaucoup la mettent en scène. Au XXe, le chercheur Vladimir Propp voit dans sa jambe d'os le signe qu'elle est elle-même morte : sa cabane serait un poste-frontière entre le monde des vivants et celui des morts, et celui qui y entre en ressort changé.

Les artistes s'en emparent aussi. En 1874, le compositeur Modeste Moussorgski lui consacre « La Cabane sur des pattes de poule », dans ses Tableaux d'une exposition. Au début du XXe siècle, les illustrations d'Ivan Bilibine fixent pour longtemps son image : une vieille femme aux cheveux blancs, debout dans son mortier, filant entre les arbres.

Pour aller plus loin

MusiqueTableaux d'une expositionModeste Moussorgski, 1874. La pièce « La Cabane sur des pattes de poule »
Sources et crédits des images
  1. Alexandre Afanassiev, Contes populaires russes, 1855-1863
  2. Vladimir Propp, Les Racines historiques du conte merveilleux, 1946
  3. Baba Yaga, Wikipédia
  • Domaine publicBaba Yaga, illustration pour Vassilissa-la-très-belle. Ivan Bilibine, 1900. Wikimedia Commons. Image réduite.Source
  • Domaine publicBaba Yaga et les femmes-oiseaux. Ivan Bilibine, 1902. Wikimedia Commons.Source
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