Folklore

La Llorona

Une femme en pleurs erre au bord de l'eau, à la recherche de ses enfants.

2 min de lecture
Lieu
Mexique et Amérique latine
Date
Époque coloniale
Origine
Tradition orale
Statut
Légende
En bref

Au Mexique et dans toute l'Amérique latine, on entend la nuit, au bord des rivières, une femme qui pleure ses enfants. Elle les a noyés, et elle les cherche pour l'éternité. Une légende que les parents racontent pour éloigner les enfants de l'eau, et dont les racines remontent peut-être aux Aztèques.

La nuit, au bord de l'eau

Une mère qui cherche ses enfants

Il était une fois une femme, abandonnée par l'homme qu'elle aimait. Dans un moment de folie, elle noie ses enfants dans une rivière. Elle le regrette aussitôt, mais il est trop tard. Elle meurt à son tour.

Condamnée à errer, elle longe les cours d'eau la nuit, vêtue de blanc, en pleurant et en appelant ses enfants. On l'appelle la Llorona, la pleureuse.

Celui qui entend ses cris attire sur lui le malheur.

Selon les versions, celui qui l'entend tombe malade, meurt, ou voit sa vie ruinée. Et si un enfant traîne seul près de l'eau à la nuit tombée, elle pourrait bien le prendre pour l'un des siens. C'est pour ça que les parents racontent l'histoire.

XVIe siècle

Les Aztèques l'entendaient déjà

Au XVIe siècle, le moine franciscain Bernardino de Sahagún recueille auprès des Aztèques les présages qui ont annoncé l'arrivée des Espagnols et la chute de leur empire. Il les consigne dans un immense manuscrit illustré, le Codex de Florence.

Le sixième présage décrit une femme qu'on entend crier la nuit.

Ô mes enfants, nous allons partir pour toujours. Ô mes enfants, où vais-je vous emmener ?Sixième présage, Codex de Florence, XVIe siècle (traduit)
Pièce du dossier

Le sixième présage dans le Codex de Florence. Une femme qui pleure ses enfants, la nuit, avant l'arrivée des Espagnols.

Illustrateur aztèque anonyme, vers 1577 · Codex de Florence, livre XII, folio 2v (Bibliothèque Laurentienne, World Digital Library) · Domaine public

Sahagún l'identifie à Cihuacóatl, une déesse aztèque liée à la maternité et à la mort. Pour beaucoup de chercheurs, la Llorona serait née du mélange de ces vieilles croyances et du monde colonial.

Aujourd'hui

Une légende, plusieurs mères

Au Mexique, on la confond souvent avec la Malinche, l'interprète indigène du conquistador Hernán Cortés, qui lui donna un fils. Considérée à la fois comme la mère du peuple mexicain et comme une traîtresse, elle porte une partie de la même douleur.

La Llorona se raconte du Mexique jusqu'au sud des États-Unis, et dans une grande partie de l'Amérique latine. Chaque pays a sa version. Toutes gardent la rivière, la nuit, et les pleurs.

Le mystère

Les versions varient beaucoup d'un pays à l'autre. Les chercheurs proposent trois pistes.

Une déesse aztèque

Possible

+Le sixième présage décrit déjà une femme qui pleure ses enfants la nuit.

−Le récit colonial, avec les enfants noyés, est très différent.

La Malinche

Possible

+L'interprète de Cortès, mère d'un enfant métis, est souvent confondue avec elle.

−C'est une lecture symbolique, pas un récit d'origine.

Un drame réel de l'époque coloniale

Aucune preuve

+Certains y voient le souvenir d'un fait divers bien réel.

−Aucun document n'en garde la trace.

Sources et crédits des images
  1. Bernardino de Sahagún, Historia general de las cosas de Nueva España (Codex de Florence), XVIe siècle
  2. La Llorona, Wikipedia
  • Domaine publicSixième présage, la femme qui pleure la nuit. Illustrateur aztèque anonyme, vers 1577. Codex de Florence, livre XII, folio 2v (Bibliothèque Laurentienne, World Digital Library).Source
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