Folklore

L’Ankou

En Bretagne, la Mort a un ouvrier. On l'entend venir au grincement de sa charrette.

2 min de lecture
Lieu
Bretagne
Date
Tradition ancienne
Origine
Tradition orale bretonne
Statut
Tradition
En bref

En Basse-Bretagne, la Mort a un ouvrier. Grand, maigre, le visage caché sous un large chapeau, l'Ankou parcourt la campagne la nuit sur une charrette qui grince, pour ramasser les âmes. Et chaque année, c'est un mort de la paroisse qui prend sa place.

La nuit

Le grincement de la charrette

L'Ankou n'est pas la Mort elle-même. C'est son serviteur, l'ouvrier de la mort, qui vient chercher les âmes de ceux qui viennent de mourir. On le décrit comme un vieil homme très grand et très maigre, aux longs cheveux blancs, le visage caché sous un large feutre noir. Ou comme un squelette drapé dans un linceul.

Certains disent que sa tête tourne sans cesse sur sa colonne, comme une girouette, pour voir d'un seul coup d'œil tout le pays qu'il doit parcourir.

Il se déplace sur une charrette, le karrig an Ankou. La nuit, si tu entends grincer son essieu sur le chemin, c'est qu'il passe chercher quelqu'un. Et bientôt, il y aura un mort dans le voisinage.

Si tu entends grincer une charrette dans la nuit, quelqu'un va mourir.

Sa faux n'est pas une faux ordinaire. Le tranchant est tourné vers l'extérieur. Au lieu de la ramener à lui comme un faucheur, il la lance en avant.

Fin du XIXe siècle

Chaque paroisse a le sien

À la fin du XIXe siècle, le folkloriste Anatole Le Braz parcourt la Bretagne et recueille ce que les gens racontent de la mort. Il en tire un livre, La Légende de la mort. On y apprend que l'Ankou n'est pas toujours le même.

Le dernier mort de l'année, dans chaque paroisse, devient l'Ankou de cette paroisse pour l'année suivante.Anatole Le Braz, La Légende de la mort chez les Bretons armoricains, 1893

Quand une année compte plus de morts que d'habitude, on dit de l'Ankou en place que c'est un Ankou méchant. Sur la côte, il ne conduit pas une charrette mais une barque de nuit, le Bag noz, qui emporte les âmes vers l'au-delà. À l'île de Sein, on raconte que son homme de barre est le dernier noyé de l'année.

1639

Gravé dans la pierre

On le trouve sculpté dans plusieurs églises et ossuaires du Finistère. À La Roche-Maurice, sur l'ossuaire construit en 1639, un squelette armé surmonte le bénitier.

Pièce du dossier

L'Ankou de La Roche-Maurice, au-dessus du bénitier de l'ossuaire.

Photo GFreihalter, 2019 · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0

L'inscription qui l'accompagne ne laisse aucun doute sur ses intentions.

« Je vous tue tous. »

L'Ankou ne punit personne. Il ne choisit pas les méchants ni les gentils. Il vient, simplement, pour tout le monde. C'est cette tranquillité qui inquiète.

Sources et crédits des images
  1. Anatole Le Braz, La Légende de la mort chez les Bretons armoricains, 1893
  2. Ankou, Wikipédia
  • CC BY-SA 3.0L'Ankou du bénitier de l'ossuaire de La Roche-Maurice. Photo GFreihalter, 2019. Wikimedia Commons.Source
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